De la vulgarisation à la profession de foi -- partie 1
Par Jean-Philippe Gaulier, lundi 1 octobre 2007 à 20:55 - Histoire - #3 - rss
Qui sommes-nous ?
L'informatique est notre passion. Cela fait une vingtaine d'année, pour certains, que nous tapotons sur des claviers, que nous nous émerveillons devant la technologie, la science qui a permis en quelques années, à peine soixante ans, de créer le parcours le plus fantastique de l'histoire de l'humanité.
L'histoire de l'Informatique
Parti de rien, notre quotidien est aujourd'hui peuplé du tout numérique, que ce soit dans les ordinateurs de bord, les consoles de jeux, les téléphones portables. L'économie même se fend d'un large sourire. La deuxième plus grande richesse mondiale est celle d'un homme qui vend des logiciels ; c'est un pan entier de notre secteur d'activité. Peu d'emploi sont encore possible sans une connaissance minime de cet outil. L'image, le son, la vidéo sont numériques. Quelques individus s'attachent bien plus à leur avatar virtuel qu'à leur être physique. Alors qu'on ne sait pas régler le problème de la fin dans le monde, on est capable de fournir des ordinateurs à moins de 200 dollars pour que chacun soit interconnecté avec les autres. Qu'on le veuille ou non, l'accès à ce 21è siècle est marqué par le tampon de l'informatisation.
De l'apogée au libéralisme
Les historiens parleront peut être de nouvelle révolution industrielle, mais il leur faudra également parler des maux qui l'accompagne. On ne parle pas de travail bien fait, mais de travail livré, on ne parle pas de suivi et de documentation, mais de conformité à des certifications, on ne parle pas de satisfaction du travail bien fait, mais du retour sur investissement. Si le moyen est informatique, le but est égoïste. Si je suis un créateur, ma création m'appartient. C'est ma chose. J'ai crée de toute pièce un modèle et je garde jalousement les secrets de la fabrication, car cette chose me permet de gagner de l'argent. Chaque fois que je vends une copie conforme à ma création, je diminue mon coût de fabrication, jusqu'à atteindre mon seuil de rentabilité à partir duquel tout achat par un tiers de ma création ne fera que m'apporter de l'argent. Je déciderai alors quoi faire de cette manne : soit la réintroduire pour produire de nouveau, soit la conserver pour mon pécule personnel.
Du libéralisme à l'ouverture
L'histoire pourrait s'arrêter là, sans besoin de justification. L'homme travaille, il récolte à la sueur de son front son labeur et en reçoit la juste récompense. Cependant, l'homme a le choix, choix de sa vie, choix de ses décisions, choix de son comportement. Il peut à loisir décider de son orientation : personnelle ou communautaire. Le communautarisme ne signifie pas la vie dans un milieu entouré de fumée ou de fleur, ni l'abandon de soi, mais le partage de ses ressources pour l'avancement de chacun, dans le respect de la liberté de choix et d'usage. C'est ce qu'a introduit Richard M. Stallman en 1984 avec le mouvement GNU. Un regroupement qui défend le droit de chaque utilisateur à pouvoir utiliser, comprendre, modifier et distribuer des logiciels sans autre contrainte que la préservation de ces droits. Ces logiciels peuvent être payant ou gratuit, produit par une société, une association ou un particulier, d'un intérêt limité comme universel. Ces logiciels et le mouvement créé autour de cette idée se nomme "Logiciel Libre". D'un mouvement marginal s'est développé une force qui fait vivre aujourd'hui des milliers d'hommes et de femmes qui ne portent plus leur attention sur la gestion des secrets de fabrication de leur logiciel, mais sur le logiciel en lui-même et son utilisateur.
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